Chlorophylle...
Chlorophylle, toujours et encore
Et là, nous ne sommes pas les seules à le dire...
Un article extrait de Plantes & santé
Écrit par Jean-Pierre Giess, publié le 2& octobre 2015
Il est probable que la première fois que le mot chlorophylle a pénétré votre cerveau, dans votre prime jeunesse, c’était à cause d’un… chewing-gum. Car avant d’être connu comme un produit de supplémentation naturel, le célèbre pigment végétal est depuis longtemps un colorant prisé par l’agro-alimentaire, qui l’a popularisé avec la fameuse confiserie à mâcher.
On attribue de nombreuses vertus à la chlorophylle : elle améliorerait la qualité du sang, accélérerait la cicatrisation, faciliterait le transit intestinal, augmenterait les défenses immunitaires, diminuerait l’hypertension, et la liste est encore longue… Mais qui est-elle pour faire l’objet d’autant d’allégations ?
La chlorophylle est ce pigment qui donne leur couleur verte aux plantes et aux algues. Et surtout, elle est cette molécule capable d’absorber la lumière et de la convertir en énergie organique par l’opération non pas du Saint-Esprit, mais de la photosynthèse. Pour mémoire, elle consiste en la transformation suivante : le dioxyde de carbone CO2 de l’atmosphère et l’eau H2O de la plante sont recombinés en glucides et en oxygène.
Ce qui interpelle quand on s’intéresse de plus près à la molécule de chlorophylle, c’est sa similitude avec la molécule d’hémoglobine. Bien que leur formule chimique ne soit pas strictement identique, leur construction est très proche. À la différence près que la molécule de chlorophylle n’intègre pas de protéine et s’articule autour d’un atome de magnesium, au lieu d’un atome de fer pour l’hémoglobine (d’où sa couleur rouge).
Des accointances entre le « sang vert » et le rouge
Est-ce le fait de la ressemblance entre leurs deux molécules, toujours est-il que chlorophylle et hémoglobine font très bon ménage. Il y aurait même une sorte d’alchimie entre elles. En effet, des études ont montré que la prise de chlorophylle avait une action stimulante sur le sang, améliorant sa qualité et les missions qui lui sont dévolues.
L’administration de chlorophylle, seule ou additionnée de fer, entraîne une élévation de la production d’hémoglobine et de globules rouges chez les anémiés. Des études chez les animaux anémiques traités par la chlorophylle (0,05 g/kg) montrent 70 à 83 % d’augmentation des globules rouges, avec normalisation du taux d’hémoglobine en 10 à 16 jours. Tous les types d’extraits de chlorophylle pure non cuprique ont montré ces effets anti-anémiques. Le fait d’ajouter du fer bio disponible augmente encore la rapidité de cet effet.
Une étude chinoise a également démontré qu’une prise de 120 mg/jour de chlorophylle augmente la production de globules blancs (les leucocytes, très impliqués dans la réponse immunitaire) chez des patients leucopéniques suite à une chimiothérapie ou une radiothérapie.
En usage interne
La chlorophylle peut se révéler souveraine pour lutter contre les problèmes d’odeurs, qu’il s’agisse de mauvaise haleine, de transpiration piquante, de relents digestifs ou de selles nauséabondes.
Dans la nature, la chlorophylle est le moyen de défense principal des plantes contre les moisissures. C’est sans doute pourquoi elle se révèle très efficace pour l’assainissement du tube digestif, de la bouche jusqu’au rectum. Elle est souvent efficace contre le muguet (dans la bouche) et les mycoses vaginales causées par le Candida albicans d’origine digestive.
Une étude sur l’absorption de chlorophylline cuprique a mesuré une élévation significative du cuivre sanguin chez des personnes supplémentées, ce qui semble confirmer que la chlorophylle se disperse aussi dans le sang, et de là dans les autres liquides corporels, où elle exerce ces mêmes dispositions d’assainissement, mais aussi de régénération tissulaire, de cicatrisation et d’oxygénation.
En usage externe
Elle est aussi très utile en usage externe. Elle peut faire un excellent bain de bouche, notamment dans le cas de gingivites. Elle se prête à l’assainissement et à la cicatrisation des plaies « nécrotiques » qui tardent à cicatriser ou sont en état de surinfection, comme celles liées au diabète, aux champignons, à l’eczéma ou au psoriasis.
La chlorophylle joue un rôle de chélation sur plusieurs familles de molécules toxiques. Elle est notamment efficace contre le benzopyrène (produit par de nombreux phénomènes de combustion : gaz d’échappement, chauffage au bois, cuisson au gril…), les métaux lourds, les amines hétérocycliques et les hydrocarbures polycycliques (elles aussi produites lors des cuissons d’aliments par la fameuse réaction de Maillard), ainsi que certains déchets métaboliques comme ceux issus de la glycation.
Ce n’est pas tout :
la chlorophylle s’est montrée efficace, sur l’espèce humaine cette fois, pour prévenir la toxicité d’aflatoxines d’origine alimentaire. Celles-ci ont des effets mutagènes et carcinogènes, notamment au niveau du foie. Elles sont produites par deux espèces de champignons Aspergillus que l’on retrouve assez couramment sur les céréales, les fruits à coques, les graines oléagineuses ou certains fruits secs, à la suite d’une contamination au champ, au moment de la récolte ou pendant le stockage.
Un soutien dans le traitement du cancer
Il n’est évidemment pas question de supputer que la chlorophylle peut guérir le cancer. Mais elle peut jouer plusieurs rôles de soutien dans la lutte contre ces maladies. Dans de nombreux cas, on a pu observer que la chlorophylle aide à mieux supporter les chimio, à en limiter les effets secondaires et à récupérer plus rapidement.
Ces aptitudes sont-elles dues au caractère antimutagène de la chlorophylle, à sa capacité à contrebalancer l’acidification tissulaire et à en augmenter l’oxygénation ? Difficile de trouver des études explicitant clairement son mode d’action. En tout cas, les autorités de santé, dont l’OMS, s’accordent maintenant à reconnaître aux légumes verts un rôle préventif vis-à-vis du cancer, auquel la chlorophylle n’est sans doute pas étrangère
Les végétaux, une source à valoriser
Justement, vous y aurez pensé, il y a de la chlorophylle dans tous les végétaux et légumes verts, aussi devrions-nous en absorber suffisamment par notre alimentation. Hélas, ce n’est pas si simple. La chlorophylle de nos salades, brocolis et autres haricots reste en grande partie enfermée dans les parois cellulosiques des chloroplastes, sans que nous puissions en disposer.
Notre système digestif arrive à en valoriser une partie si nous mâchons bien, mais c’est très loin de ce que peut apporter une supplémentation en chlorophylle pure.
Les autres sources de chlorophylle
Le moyen le plus simple de s’assurer d’une bonne supplémentation en chlorophylle consiste évidemment à prendre 2 à 3 gélules quotidiennement, ce qui revient à absorber entre 400 et 750 mg/jour selon les fabricants. Nous avons une sympathie particulière pour la chlorophylle extraite de l’ortie, associée à de la poudre de feuille entière d’ortie, à raison de 200 mg de chaque dans une gélule. L’association des deux (extrait+feuille) présente l’avantage de bénéficier de la signature de la plante entière, et des autres vertus de la feuille d’ortie, comme sa richesse en silice.
Si vous avez l’habitude de prendre de la spiruline ou de la chlorelle, vous avez déjà une supplémentation en chlorophylle puisque ces deux micro-algues en sont très riches, en plus de leurs très nombreux autres avantages. Il en va de même pour les adeptes du jus d’herbe de blé ou d’orge, qu’il se présente sous forme de poudre ou de liquide.
Enfin, si vous disposez d’un extracteur de jus, vous avez là un excellent outil (à la différence d’un blender ou d’une centrifugeuse) pour extraire vous-même une grande partie de la chlorophylle de tous les végétaux verts que vous pourrez trouver sur les marchés ou dans votre jardin.
Pour résumer
Il y a sûrement encore beaucoup à apprendre sur ce véritable « or vert » qu’est la chlorophylle, ce à quoi s’emploient quelques équipes de recherche en Allemagne et outre-Atlantique. En attendant, voici les principales indications sur lesquelles des milliers d’utilisateurs de par le monde ont pu constater son efficacité :
- Mauvaises odeurs corporelles, internes et externes
- Lésions et ulcères de la peau et des muqueuses
- Flore intestinale perturbée, à dominante pathogène (Candida albicans)
- Fermentation intestinale - constipation
- Anémie
- Leucopénie
- Immunité affaiblie
- Tendance à l’acidose
Pour tous ces dysfonctionnements, vous pouvez compter sur l’action régulatrice et stimulante de la chlorophylle. Et même si vous êtes au mieux de votre forme, une petite cure vous donnera encore plus de jus et pourrait bien vous mettre à l’abri des premiers frimas post-rentrée.
Vert comme...
Chlorophylle et hémoglobine
On lit souvent que la chlorophylle et l'hémoglobine sont similaires et qu'un seul atome les différencient:
- Le fer qui donne au sang humain sa couleur rouge et le magnésium qui donne à la chlorophylle sa couleur verte.
Cette idée semble séduisante...
... et donne un sentiment de cohésion voire de symbiose entre règne animal et végétal... mais cela est fortement réducteur et la réalité est moins poétique.
Pour celle et ceux qui veulent en savoir plus, rendez-vous sur "L'herbier d'Habren", ma sorcière préférée.
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On lit souvent que la chlorophylle et l'hémoglobine sont similaires et qu'un seul atome les différencie : le fer qui donne au sang humain sa couleur rouge et le magnésium qui donne à la chlorop...
https://lherbierdhabren.jimdofree.com/2018/04/11/chlorophylle-et-h%C3%A9moglobine/
Savons
Les nouveaux savons "Carotte" 7% surgras sont bientôt prêts
Pourquoi nouveaux?
Parce que:
- J'ai remplacé le jus de carotte bio acheté dans le commerce par du jus de carotte fait maison issu de carottes bio achetées chez un maraîcher de Millery.
- J'ai remplacé l'eau de source achetée dans le commerce par de l'eau purifiée à l'aide mon purificateur d'eau.
Donc, récapitulatif des ingrédients
Matières grasses:
- Huile végétale de palme, huile végétale de coco, huile végétale de ricin, huile végétale d'olive, huile végétale d'avocat, beurre de karité.
Huiles essentielles:
- Bois de Hô, Lavande vraie, Géranium rosat CV Égypte.
Autres:
- Soude caustique, eau purifiée, jus de carotte bio maison.
Les savons seront prêts à la vente, une fois la soude éliminée, c'est-à-dire le lundi 23 novembre, au prix de 6€ la 1/2 lune.
Orties...
L'ortie, encore et toujours!
Belle récolte que celle-ci!
Un évier bien plein...
Et pourtant, regardez ce qui reste...
Reportage en images
Pour partir en récolte d'orties, il vous faut comme matériel: des gants pour celles et ceux qui craignent... un sécateur et un sac en tissu.
je laisse les feuilles attendre tranquillement (3 heures) pour laisser le champ libre aux insectes (coccinelles, punaises, etc) qui pourraient se trouver prisonniers. Ensuite, je trie les herbes indésirables récoltées en même temps, les feuilles abimées et je lave les orties 3 fois puis je laisse égoutter.
Le but de cette récolte n'étant pas de faire sécher mais de faire du jus de plantes fraîches, j'ai besoin d'un extracteur de jus.
Avec un évier bien plein, j'ai pu faire 350ml de jus d'orties. Ce n'est pas utile d'en faire plus car les orties pullulent et le jus ne se conserve pas longtemps. Je n'ajoute aucun conservateur ni transformation d'aucune sorte.
Les feuilles d'ortie sont une véritable source de chlorophylle et de ses dérivés: les chlorophyllines.
Pourquoi ce jus?
Suite au travail intense fourni au jardin, au printemps et cet été (4 heures chaque jours), quelques douleurs articulaires sont apparues. Je vais donc faire une cure de jus d'orties pendant 3 mois, à raison de 10ml 3 fois par jour avant les repas. Le jus doit arriver dans un intestin vide afin d'être absorbé rapidement.
L'ortie est connue pour son activité reconstituante à différents niveaux de l'organisme. sa forte teneur en minéraux en fait une plante médicinale de première importance.
Constituants connus des feuilles:
- Acides phénols, acide caféique, chlorogénique, etc.
- Amines: histamine, sérotonine, acétylcholine, etc.
- caroténoïdes: betacarotène
- Coumarines
- Flavonoïdes
- Protéines
- Sels minéraux: calcium, potassium, silice, fer, et bien d'autres.
- Vitamines: A, B, C...
Propriétés:
- Immunomodulateur, anti-asthénique, anti-anémique, reminéralisant, diurétique, hypotensif, antioxydant,
- Anti-inflammatoire: effet inhibiteur sur la synthèse des leucotriènes B4 et des cytokines TNF alpha et interleukines 1 beta responsables de la destruction cartilagineuse.
- Antalgique, hypolipidémiant, antifongique
- hémostatique puissant.
Précautions d'emploi:
- À éviter pendant la grossesse et l'allaitement par manque de données scientifiques à ce sujet.
- Puisque le jus d'orties est un hémostatique puissant, à éviter chez les personnes sous anticoagulants.
- À éviter en cas d'oedème consécutif à une activité cardiaque ou rénale limitée.
Il fait chaud!
Comme vous pourrez le lire dans ce post,
Je profite du confinement, cette fois à cause de la chaleur et, bien au frais, je continue d'explorer le livre de crusine de Marie-Sophie L.
Aujourd'hui, la crème au café, crue bien-sûr...
Vous la trouverez à la page 153 de son livre "L'instant cru"
Je vous la présente succinctement en images...
Ingrédients: noix de cajou, café soluble, eau, sirop d'agave cru, huile de coco, sel. Ustensiles: Blender, ramequins à crème brûlée.
Du coup...
Beau travail! Je n'aurais pas aussi bien fait.
Du coup,
- Je me laisse un peu de temps pour réfléchir à la suite à donner au jardin,
- Je le laisse se remettre de ces "agressions",
- J'arrête l'arrosage automatique, qui a tant tenté les sangliers, et je reprends l'arrosage manuel pour les plantes fragiles. Tant que j'arrosais au pied des plantes, je n'ai pas eu de visites. Bilan fait avec le président de la chasse.
Au fait!
Il n'y a pas eu de sangliers victimes dimanche dernier.
Re du coup,
Je retrouve un peu de temps pour récolter.
Les prés fauchés ont eu le temps de repousser pendant mon labeur au jardin:
- L'origan est magnifique, il embaume grâce à la canicule. Plus il souffre, plus il est chargé en principes actifs.
- L'artemisia annua montre ses boutons floraux, le temps de la récolte est donc venu.
La pluie est annoncée pour la semaine prochaine, j'attendrais donc un peu pour vous proposer des sorties récolte. Si vous êtes intéressés, je ne saurais trop vous recommander de surveiller le blog car cela se décide au jour le jour, en fonction de la croissance des plantes. Je vous proposerais ces sorties le lundi et le jeudi, le matin en cas de fortes chaleurs ou l'après-midi.
Au programme:
- L'Origan afin de pouvoir faire vos réserves en plante sèche et en sirop pour l'hiver.
- La saponaire pour découvrir le savon liquide de cette plante toute simple, amie de notre peau. Ses principes actifs sont si doux pour la peau et les cheveux mais pas que...
La bête noire... Fin
6 mois de vadrouilles nocturnes parmi les chênes, sous la conduite de la Laie.
6 mois à fouiner dans les feuilles mortes, à se poursuivre comme de jeunes fous, à se mordre la queue, à piauler de douleur puis à s’aplatir, terrorisés, ventre contre terre, lorsque maman pousse, en guise de rappel à l’ordre, un grondement terrible qui vous fige le sang dans les veines.
Et pendant tout ce temps, sans même le savoir, on grandit. La jolie livrée rayée a disparu ; le corps est maintenant recouvert de longues soies raides couleur de terre. Adieu, petit porcelet des bois ! Tu es devenu ce que les chasseurs nomment une bête rousse…
6 mois encore et le jeune sanglier fête son 1er anniversaire.
La bête rousse a encore poussé et son pelage est à présent devenu tout noir. Du coup, l’animal perd le droit de s’appeler bête rousse et prend le titre de bête de compagnie. Cela veut dire que, cette année encore, (et peut-être l’année prochaine lorsqu’il sera devenu « ragot ») il restera dans la compagnie dirigée par sa mère, laquelle (toutes nos félicitations !) promène depuis peu une nouvelle ribambelle de marcassins en livrée…
Vieille Laie en tête, bêtes de compagnie, puis bêtes rousses et marcassins de l’année, le tout escorté de quelques ragots : la voilà la compagnie des bêtes noires !...
Et les années s’alignent.
À l’âge de trois ans, le ragot dont les défenses s’allongent insensiblement devient tiers-an puis, à quatre ans, le voilà « quartanier ». Une bête noire terrible dans toute la possession de ses moyens…
Aura-t-il le temps de devenir Vieux sanglier (6 ans et plus) ?
Peut-être bien...
Qui sait ?
Avec beaucoup de ruse et encore plus de chance, peut-être un jour deviendra-t-il même un solitaire c'est-à-dire un très très vieux sanglier, dont les défenses à force de pousser, se seront tellement recourbées en arrière que c’est à peine s’il pourra les utiliser : pour se battre efficacement, le vieillard sera obligé de frapper la gueule grande ouverte et d’écraser ce qu’il pourra entre ses dents…
Comme la plus faible des faibles Laies…
Quelle misère!
La bête noire suite...
Petit à petit, mère laie fait son nid...
Octobre:
Il y a de l’orage dans l’air. Les grands mâles solitaires sortent des bois, plus sauvages, plus hargneux que jamais… Or un vieux grincheux qui tombe sur un râleur encore plus vieux et plus grincheux que lui : qu’est-ce que cela donne ? Facile à deviner : une bagarre !
Une empoignade féroce… Un duel de bulldozers fous furieux… Des coups de rasoir en traitre qui fendent le cuir dans tous les sens. Et bientôt le dénouement ensanglanté. Balafré comme un corsaire et la mort dans l’âme, le vaincu se voit contraint de faire machine arrière, emportant parfois, en guise de souvenir, un morceau de la dent de son adversaire planté dans l’épaisseur de sa cuirasse…
Tout cela uniquement pour épater la laie dont il était tombé amoureux ! Eh oui : voilà à quelles irréparables sottises mène l’amour, mes enfants, Méfiez-vous bien !
Le résultat de tant d’ardeur guerrière, c’est finalement qu’au bout d’environ 4 mois, une portée de marcassins vient au monde dans le nid amoureusement préparé par leur rugueuse maman.
Un nid de sanglier !
Avouez que vous n’en n’aviez jamais rencontré dans aucun buisson…
Mais, bien sûr, je plaisante : il ne s’agit pas d’un petit berceau de crin suspendu dans les branches, pas du tout ! C’est au contraire une sorte de léger tas de foin ressemblant vaguement à ces « buriaux » que les cultivateurs faisaient dans les prés avant l’invention de la presse mécanique par Gutenberg. Ceci à base de mousse et de plantes forestières sèches, soigneusement dissimulé aux regards, cela va sans dire. Pour rentrer et donner la tétée à toute sa marmaille, la laie se glisse sous la meule avec des précautions de couleuvre et la famille disparaît alors complètement dans le foin.
Adorables marcassins ! Sont-ils mignons, avec leur pyjama à rayures qui semble dessiné tout exprès pour les dérober aux regards parmi les taches de soleil filtrant à travers les branches ? Qui penserait qu’un jour ils deviendront, celui-ci vieux solitaire bourru, celle-là vieille noirâtre ?
Enfin, c’est la vie…
Pour l’instant, ils sont à croquer. C’est du moins le sentiment très net des renards qui passent dans le secteur, sans s’arrêter toutefois car (ils le savent) la mère prendrait fort mal toute curiosité suspecte de leur part. C’est fou ce que ça peut être méfiant, une laie !…
Et colérique avec ça ! Jadis, il n’y avait guère que les loups et les lynx pour essayer de leur chiper leurs gosses mais toutes ces sales bêtes ont disparu. Bon débarras, tiens !
Vous savez ; Mâme Dugroin, s’il n’y avait pas autant de tireurs fous dans les bois, c’est pas croyable ce qu’on serait bien tranquilles !... Faut pas désespérer comme ça, Mâme Leboutoir, j’ai entendu dire qu’il nous pousse des défenseurs un peu partout, cette année, et si ça continue, vous verrez, ils seront bien obligés de les arrêter leurs maudites battues !
À suivre...
La bête noire suite...
Mais tout bien réfléchi, le plus sage pour notre ami c’est encore de ne jamais se retrouver en situation d’avoir à affronter l’homme.
Et pour cela les moyens sont limités : rester en état de vigilance perpétuelle, s’inquiéter du moindre bruit (un office que les larges oreilles mobiles du sanglier remplissent à merveille) et surtout, surtout guetter les odeurs charriées par le vent. C’est à peu près tout ce qu’on peut faire…
En ce qui concerne cette dernière nécessité,
l’animal dispose, il est vrai, d’un instrument sérieux : son groin ou boutoir. C’est un appareil de détection de première catégorie, tout aussi capable de déceler sous les feuilles et l’humus la senteur discrète d’un champignon naissant que de repérer les œufs chauds d’une faisane, friandises dont on fera sans tarder son dessert.
Inutile de vous dire que, comparées à ces effluves sylvestres, l’épouvantable puanteur de l’homme (un mélange écœurant de sueur, de tabac et de savonnette) se repère, elle, à des km… Sitôt cet indésirable localisé, l’alerte générale est donnée : la compagnie tout entière, sortant des bauges, se place sur le qui-vive, prête à déguerpir à tout moment.
Sa journée...
le sanglier la passe dans une sorte de bassin peu profond, vaguement creusé par lui-même dans le sol, et où il s’allonge : la bauge. Une manière de gîte mais adapté, cela va de soi, à la taille du propriétaire.
On ne creuse pas sa bauge n’importe où
Il est recommandé de l’installer à l’abri des regards indiscrets, sous les branches tombantes d’un épicéa, au cœur d’un roncier impénétrable, entre les racines d’un arbre fauché par la tempête etc., etc.
On s’installe dans sa bauge : tout seul si l’on est vieux solitaire ronchon, en compagnie de quelques bons camarades lorsque l’on a meilleur caractère, ou bien encore avec ses petits marcassins chaudement nichés contre soi quand on est mère-laie…
Hiver comme été, la masse des bêtes noires vautrées l’une contre l’autre fait l’effet d’un curieux rocher sombre que parfois, lentement, recouvre la neige…
Mais, à la tombée de la nuit, les divers rochers se dressent sur leur 4 pattes courtes, s’ébrouent, se rassemblent : la laie…Ses jeunes marcassins au dos encore rayé… Ses « petits » de l’ancienne portée (ils n’ont d’ailleurs plus de « petits » que le nom) puisque, maintenant, ils dépassent tous les 30kg…Et puis aussi quelques mâles des années précédentes nantis de défenses déjà impressionnantes, le poil noir et l’allure farouche, qui sont là un peu en guise d’escorte armée, bien que ne faisant pas forcément partie de la famille.
Et voilà : dans la pénombre du soir, la compagnie se répand dans le bois, fouillant du boutoir dans les feuilles mortes. À cette heure crépusculaire, tandis que les merles égrènent leur tic-tic-tic monotone, on se sent une faim d’ogre.
Tout est bon à prendre :
Les glands et les faines pour commencer, c’est la nourriture de base. Sans elle, que deviendrait-on ? Mais aussi les tubercules forestiers tels celui de l’arum tacheté, les racines de fougères, les fruits sauvages du cornouiller, les bulbes d’ail des ours…
Sans oublier tout ce qui est tendre et qui bouge : les larves, les escargots, les oisillons trouvés à terre, les levrauts, les vipères (dont on ne craint pas le venin), le hérisson même : les adultes n’ont pas leur pareil pour extraire à grands coups de rasoirs la pauvre bête de son costume de châtaigne…
La glandée est-elle médiocre sous les chênes ?
Qu’à cela ne tienne : à quelques centaines de mètres à peine, les paysans du voisinage se sont bêtement mis en tête de cultiver, qui du blé, qui du maïs, qui des pommes de terre et des betteraves. Ce n’est pas pour les chiens, toutes ces bonnes choses ! Sans compter que désormais, vu l’interdiction de la chasse à l’affût, en pleine nuit, près des cultures, le vol de céréales n’est plus puni de mort subite. Une véritable aubaine. Bien bête celui qui n’en profiterait pas…
Autre cérémonie traditionnelle
à laquelle il faut savoir sacrifier : la petite trempette dans la boue… La baignade de toute cette bande de cochons a lieu, comme de juste, dans un lieu humide : un marécage en bordure d’étang par exemple, ou bien tout simplement une vulgaire ornière dans un chemin de débardage.
Se rouler avec allégresse dans la bourbe correspond (vous ne le croirez pas mais tant pis) à un sincère souci de propreté de la part de ces méticuleux quadrupèdes. En effet, mettons-nous un instant à leur place : toutes ces puces et ces tiques qui nous dévorent le cuir à longueur de journée, les voilà maintenant enrobées dans la glaise ! Attendons ensemble quelques instants que cela sèche et puis nous irons nous frotter longuement les flancs contre le tronc de ce jeune chêne, là-bas, oui : celui dont l’écorce est usée à force d’avoir joué les brosses à sanglier…Et alors, adieu maudite engeance !...
Le shampoing à la boue, chers petits ignorants, c’est cela le degré suprême de l’hygiène corporelle.
Bon, ce n’est pas tout, on fait trempette, on bricole, on s’amuse et, pendant ce temps là, l’heure tourne. Voilà déjà le ciel qui passe du violet au rose...
Compagnie en avant ! direction la bauge…
À suivre...
La bête noire...
Article publié le 1er mai 2013 et lu dans le car qui nous emmenait en randonnée. Extrait de mon ancien blog: Lagazettedesjeudis
La bête au couteau entre les dents
Bien que très répandus encore dans les bois, les sangliers sont toujours relativement mal connus.
Ce sont leurs coutumes secrètes que l’on aimerait bien connaître, leurs goûts alimentaires, leur sens de l’humour, leur voyage mystérieux à travers la France et tant d’autres choses…
Seulement voilà, il y a belle lurette qu’ils ne se laissent plus approcher les bougres. Ils ont fini par comprendre qu’il n’y avait pas de dialogue possible et que la seule chose à faire était de courir plus vite que les balles des fusils. Désormais, au premier bruit bizarre, à la moindre effluve suspecte, ils quittent en silence la bauge où ils se tapissent la journée durant et décampent sans demander leur reste.
Dans ces conditions, essayez donc, vous autres, d’entamer la conversation.
Au Moyen-âge, paraît-il, c’était tout différent : le sanglier admettait fort bien le principe du dialogue et de l’échange d’arguments. Vautré dans sa couchette, furieux d’être interrompu dans sa sieste, l’animal attendait les chiens lancés sur sa piste et ne partait pas avant d’en avoir « décousu » quelques uns. C’était le bon temps.
La seule méthode pour venir à bout de l’irréductible était d’ailleurs de lancer sur lui toute une meute de chiens très puissants capables de le poursuivre pendant des heures, en se relayant, jusqu’à ce que, complètement épuisé, il se décide enfin à s’arrêter. Encore fallait-il ensuite affronter la bête, se battre avec elle les yeux dans les yeux et tenter de la tuer à l’aide d’une dague, d’un pieu ou de tout autre objet pointu.
Le sanglier se range en effet dans la famille des durs à cuire.
Merveilleux coureur de fond que les km n’effraient pas, il est capable, même dans des circonstances tout à fait normales, d’effectuer un voyage de 80km dans la nuit.
Alors, vous pensez, le jour où c’est devenu une question de vie ou de mort, le bandit sait se surpasser ! C’est ainsi que l’on a pu voir certains solitaires chassés à courre trotter 2 jours de suite à travers bois sans désemparer, histoire simplement d’essouffler un peu les chiens.
Mais si, en désespoir de cause, il ne lui reste plus qu'à faire front, tout n'est pas perdu pour autant, n'allez pas croire!
La nature a eu la prudence de lui confier un jeu de poignards forts jolis qui méritent toute notre considération.
Commençons par le mâle.
Déjà, à sa naissance, le petit marcassin possédait 2 paires de dents pointues qui parfois mordillaient douloureusement les tétons de sa mère : 4 super-canines de luxe. Depuis, elles n’ont pas cessé de pousser : les 2 du bas, extrêmement pointues et qui se recourbent en arrière avec l’âge, ce sont les défenses. Comme elles viennent sans cesse s’aiguiser contre les grès, c'est-à-dire les 2 dents du haut qui jouent un peu le rôle de meules, elles restent sans cesse coupantes comme de véritables rasoirs.
Un seul geste de la gueule fermée et la bête noire tranche au couteau la peau de son agresseur, lui ouvre les poumons ou met à nu ses entrailles. À moins encore « accident classique » qu’elle ne sectionne d’un coup sec l’artère fémorale de l’importun, provoquant sa mort en quelques mn.
La femelle maintenant.
Elle a 4 canines, elle aussi, mais hélas ! en beaucoup moins développé. Force lui est donc d’adopter une autre méthode de close-combat : faire face la gueule grande ouverte et la refermer sur tout ce qui passe, bras ou jambe.
Pas besoin d’appuyer très fort, vous savez : 1 simple pression des mâchoires et voilà le membre de l’assaillant broyé menu comme du bois mort. Ces choses-là sont rudes…
Mais ne perdons tout de même pas de vue le détail le plus important de toute l’affaire : pour se voir infliger pareil traitement, il faut vraiment avoir cherché querelle à ces animaux qui, en temps normal, se montrent d’un tempérament parfaitement pacifique et serein.
Dans la nature, le sanglier n’attaque jamais l’homme.
Bonjour la compagnie !
Vous allez me dire : c’est bien joli d’avoir ainsi 2 grands couteaux entre les dents mais face à un fusil bien entretenu, cela fait tout de même un peu désarmé. Certes, certes.
Mais, là encore dame nature a su fouiller dans son grand sac et y trouver quelques vieilles ruses bien rodées. Par exemple, elle a capitonné l’ensemble du corps du sanglier d’un épais pelage, une « bourre » de poils très serrés faisant, en quelque sorte, office de matelas protecteur dans lequel viennent se perdre les plombs. Il fallait y penser ! De plus, comme dans ce genre de catastrophes, une précaution ne suffit pas toujours à limiter les dégâts, elle a également pensé à doter son protégé d’un gilet pare-balles : à certains endroits du corps (épaules, échine, flancs), la peau du sanglier atteint des épaisseurs impressionnantes : 3cm par endroits.
Prenez votre vieille règle ébréchée et rendez vous compte vous-même : avec une pareille cuirasse sur le dos, on comprend sans difficultés que sa majesté la bête noire tienne tellement à sa peau.
À suivre...
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